Authentique tête de turc au volant, il avait équipé son tout terrain de pare buffles en fonte au cas où…

Pourtant, tout le quartier en témoigne, il n’a jamais quitté le secteur limité par le souk et la mosquée.

Lorsqu’il démarre son char, que le moteur vrombit sa haine de devoir tracter ces tonnes, la rue se vide.

On s’en retourne à ces ambiances western où l’heure du duel sonne, la fumée remplaçant la poussière.

Mais comme le personnage est si généreux en temps de fête, la populace “tolère” en vibrant de colère.

Un de ces jours, bien des langues le prédisent, il écrasera quelqu’un sans même daigner s’en apercevoir.

S’il acceptait de laisser sa dernière épouse conduire à sa place, tout le voisinage s’en sentirait soulagé.

Le moindre mal s’imposant de lui même, les mères inquiètes pour leurs enfants élaborèrent un plan.

Certes, elles se défendent encore d’avoir réellement ourdi un complot et prémédité ce drame.

Les faits prouvent sans conteste que les freins du véhicule ont été maladroitement sabotés.

D’ores et déjà, leurs déclarations précipitées se contredisent allègrement et de bon gré.

En voulant à tous prix prévenir un probable accident, elles causèrent un cauchemar.

Le leur avant tout mais surtout ceux, cruels, de toutes ces familles éplorées.

Qui n’attendront plus ni le père, ni le frère, ni le fils, disparus qu’on aimait.

Au mauvais endroit, au mauvais moment, un fatidique tout sauf gratuit.

La terrasse du café a été le théâtre d’une gerbe de corps terrassés.

Atrocement mutilés par le passage du bolide fou sans laisse.

Comme des matadors sous les sabots de taureaux enragés.

Les airbags “sauvèrent” le passager, sonné mais indemne.

L’assurance indemnisa “généreusement” les proches.

Il déménagea vers l’une de ses autres résidences.

On dit l’avoir entrevu dans une cité plus au nord.

Son monstre d’acier ne passe pas inaperçu.

Et comme l’un ne va pas sans l’autre…