Réflexions actuelles
Authentique tête de turc au volant, il avait équipé son tout terrain de pare buffles en fonte au cas où…
Pourtant, tout le quartier en témoigne, il n’a jamais quitté le secteur limité par le souk et la mosquée.
Lorsqu’il démarre son char, que le moteur vrombit sa haine de devoir tracter ces tonnes, la rue se vide.
On s’en retourne à ces ambiances western où l’heure du duel sonne, la fumée remplaçant la poussière.
Mais comme le personnage est si généreux en temps de fête, la populace “tolère” en vibrant de colère.
Un de ces jours, bien des langues le prédisent, il écrasera quelqu’un sans même daigner s’en apercevoir.
S’il acceptait de laisser sa dernière épouse conduire à sa place, tout le voisinage s’en sentirait soulagé.
Le moindre mal s’imposant de lui même, les mères inquiètes pour leurs enfants élaborèrent un plan.
Certes, elles se défendent encore d’avoir réellement ourdi un complot et prémédité ce drame.
Les faits prouvent sans conteste que les freins du véhicule ont été maladroitement sabotés.
D’ores et déjà, leurs déclarations précipitées se contredisent allègrement et de bon gré.
En voulant à tous prix prévenir un probable accident, elles causèrent un cauchemar.
Le leur avant tout mais surtout ceux, cruels, de toutes ces familles éplorées.
Qui n’attendront plus ni le père, ni le frère, ni le fils, disparus qu’on aimait.
Au mauvais endroit, au mauvais moment, un fatidique tout sauf gratuit.
La terrasse du café a été le théâtre d’une gerbe de corps terrassés.
Atrocement mutilés par le passage du bolide fou sans laisse.
Comme des matadors sous les sabots de taureaux enragés.
Les airbags “sauvèrent” le passager, sonné mais indemne.
L’assurance indemnisa “généreusement” les proches.
Il déménagea vers l’une de ses autres résidences.
On dit l’avoir entrevu dans une cité plus au nord.
Son monstre d’acier ne passe pas inaperçu.
Et comme l’un ne va pas sans l’autre…
" Merci d'être là où "Science sans conscience n'est que ruine de l'Âme".
Chapeau bien bas aux nobles mécènes qui soutiennent ce Blog et à Nabil en particulier. Je lui dédie ces primeurs, dégurgitées alors que je bronzais nu sur une plage, rassurez vous, déserte."
Cath
5 décembre 2009 à 12:21
Un western loukoum ou je ne m’y connais pas !
Excellent !
Je ne sais pas pourquoi, cela me rappelle l’ambiance de “La violence et la dérision” d’Albert Cossery
yugurta
6 décembre 2009 à 17:28
Cath, tu as vu juste ! C’est en effet cette ambiance que visait ce texte. Je gagnerais à connaître cet auteur grâce à toi.
Salvadorali
2 janvier 2010 à 10:06
Waw ! ça c’est de l’épique aw la fa la…
En plus ça me touche particulièrement parce que premièrement je trouve que les gens gaspillent déjà stupidement leur vie au café et ensuite les beaufs et leurs nénettes en 4×4 avec pare buffles de rigueur me font regretter de ne pas être un buffle pour tester leurs gadgets…
mais quand je pense que le cinéma marocain manque de bras pour produire des scénarii à la hauteur de la situation !
merci, bravo !