L’orphelin combattait encore pour assurer sa subsistance sans mendier ni rien voler.

Pas comme Fouad, de l’association “Terre des hommes“, qui ne ratait pas ses hôtes.

Où qu’il ait “travaillé”, “on” s’arrangeait toujours pour le presser comme un fruit mûr.

Et pourtant, il avait su conserver son légendaire sens de l’humour, amer, ineffable.

Sa dernière trouvaille en matière d’auto-dérision, le “cocktail exhaustic” gratuit.

Il nous l’avait servi à brûle pourpoint pour se gausser à chaud de sa patronne.

Elle avait l’art d’insister pour ne payer ses heures supplémentaires qu’en nature.

Mais, nous dit-il, qui voudrait d’une femme avide aussi mate que mâture ?

Pour le punir de sa réticence, elle le priva de son solde de tout compte.

Et c’est ainsi, qu’encore une fois, il avait rejoint sa chambre bredouille.

Sans rien à se mettre sous la dent ni sous celles de sa locatrice harpie.

Combien d’argent faut-il avoir pour tuer en soi toute pitié ou aimance ?

Y a t-il un seuil au delà duquel le rire ne s’accompagne plus de pardon ?

Notre gang le parraine désormais, tous frais payés rubis sur l’ongle.

Tous ses patrons, matrones et abuseurs sont consignés sur la liste.

Un immense tableau noir saturé des noms des commissionneurs.

Qui laissent le soin aux autres de faire leurs commissions.

Tout en sachant d’avance qu’ils trahiront leurs promesses.

Qui sont toujours partant(e)s pour un faux témoignage.

La nuit des courts marteaux n’est plus si loin.

La fiesta de la trépanation in vivo arrive !

On s’en frotte les mains d’impatience.

Quelle curée ce sera de ne pas aimer !

Le temps d’une nuit à commémorer.

Celle de la vengeance des justes.

Au nom de l’Art, osons !

Au nom de La Raison !

A l’abordage !