Réflexions actuelles
Né d’une cyclope et d’un ogre, le bambin avait trois yeux dont l’un bleu.
Voyait-il des “choses” invisibles à nous autres nains des cîmes ?
Nul n’en doutait plus après qu’il nous ait averti de l’avalanche.
On ne lui avait appris aucune langue mais il les parlait toutes.
Alors qu’on assassinait ses parents à coups de crosse, son regard l’avait sauvé.
Quiconque s’approcha pour l’égorger resta le geste suspendu, bouche bée.
Ce bébé avait tellement l’air d’un ange, il était si beau d’innocence.
Nous l’avions ramené ligoté en témoignage de la mort des monstres.
Nous avions franchi avec difficulté le col encombré par le glissement de terrain pour descendre vers la vallée.
Vers les zones du maroc en super fusion, fût-il encore sous perfusion.
Rasant le flanc des montagnes, les corbeaux volaient en un noir cortège.
Comprenait-il aussi leurs croassements stridents, nous le dirait-il ?
Se souvient-il de notre crime “nécessaire” en cette nuit blanche de neige ?
A présent, il est devenu un adulte adulé pour sa gentille clairvoyance.
A chacun de nos raids sur les forteresses affaiblies par la richesse, il a fait le ménage.
A tel point que l’on y déniche à peine quelques brutes, les odieux ont disparu.
Curieux destin que celui de cette engeance de mutants qui jamais ne clama vengeance.
Ce matin, l’air est si léger, un fil de fumée s’échappe de la cheminée de sa hutte.
Hier, Il nous a annoncé calmement sa décision de retourner là haut.
Facile de deviner où. Il m’a dit “au revoir” dans notre langue.
D’espoir, j’ai souri de toutes mes dents, longtemps.
A présent, je réfléchis à cette lueur fugace si marine.
A cet oeil translucide qui annonçait déjà son retour.
“Avant même qu’il ne soit parti“.
" Merci d'être là où "Science sans conscience n'est que ruine de l'Âme".
Chapeau bien bas aux nobles mécènes qui soutiennent ce Blog et à Nabil en particulier. Je lui dédie ces primeurs, dégurgitées alors que je bronzais nu sur une plage, rassurez vous, déserte."
kalimate
14 octobre 2009 à 16:14
Les mutants sont-ils vraiment de retour?
Mais ,ils étaient toujours là, labourant la pensée et ruinant ses prétentions comme d’infatigables taupes. Les débusquer un moment permettrait peut-être de contempler les dégâts, mais surement pas arrêter leur travail de sape.
yugurta
14 octobre 2009 à 18:12
Kali la pertinence personnifiée qui a su voir au delà des mots !
Oui, ils et elles ne sont jamais trés loin, ces sapeurs sans peur ni reproche, agrippé(e)s à une vision où le réel domine présent et futur.
Les uns nous en veulent d’avoir chassé le magique et le féérique tandis que les autres espèrent notre perte définitive.
Notre tort est de n’avoir pas accepté le droit à la vie de la différence, d’avoir coulé l’univers dans un moule virtuel aux confins de la réalité.
MG
14 octobre 2009 à 23:28
Le deuil de la vision c’est l’œil unique, mais celui surnuméraire, fut-il bleu, est de trop . La valeur ajoutée se trouve là, faveur à la solde d’un strabisme qui confond réel et virtuel au grand dam d’un monde imprécis. Des promis à l’épuration se sont fait héros en combattant cyclopes, minotaures et autres monstres tentaculaires. Il n’y pas de continuité en règle sans retour à la normalité, c’est du ressort des divinités la besogne de sauvegarder la pureté en éliminant les difformités, ces mutations nocives, ces mauvaises herbes, le chiendent qui survit au dépend du végétal fécond.
Pour sauver le jardin des Hespérides, avons nous besoin de quelques héros récurrents tels Hercule, Thésée mais surtout de leurs apparentés non mythologiques , de grands mortels incisives qui œuvrent pour la grande mutation décisive qui lèvera le doute sur l’inconnu!
yugurta
15 octobre 2009 à 10:12
MG, ton commentaire surpasse le texte.
C’est en effet en recherchant la pureté que les plus grands désastres sont semés…
Comme quoi, “le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions” et nous autres, mortels, avons le choix de nous consacrer à “l’incornu” que dissimule l’inconnu ou de nous contenter du cornu qui alimente nos doutes.
Je dois t’avouer néanmoins que la profondeur de tes pensées n’a d’égal que l’altitude de mon ignorance.
yugurta
15 octobre 2009 à 11:30
Mg, as tu remarqué qu’il est impossible de mentir à un(e) aveugle ? A croire que la cécité est compensée par la vision pure de l’autre, sans aucun compromis, à commencer par la tromperie du regard.
Difficile de semer tes pensées même en hors piste !
MG
15 octobre 2009 à 23:18
Yugurta, tu exagères, fallait-il réitérer que tes textes viennent toujours titiller ma substance grise à la bonne manière d’en extraire quelques étincelles dont l’éclat revient à la pureté de ton silex; les éloges touchent, mais confondent tout autant! Merci pour tes fertiles apports et pour ta générosité.
zemblog
17 octobre 2009 à 20:29
sacré Yug…je ne répondrai rien à çui là…ça serait un crime de lèche majesté. je dirais juste que moi aussi je suis né enfant et je partirais sans grandir :))))))
yugurta
18 octobre 2009 à 19:20
Ô Z, mage esté en son box d’Isaac usé, ainsi que le dit si bien LeBlase, “ce qui m’inquiète le plus, c’est la vieillesse de bien des jeunes…”, qui sont nés “en flancs” tout juste pour glander.
C le thème de mon prochain post “Les générations césariennes”, dédié justement à LB.
mitra
19 octobre 2009 à 21:06
C’est incroyable mais vrai : j’ai l’impression de lire ton récit d’une autre lecture. Une de ces lectures parallèles auxquelles l’écrivain ne penserait même pas au moment de l’écriture. Dans ce récit, cette pensée me fait rêver “un regard qui sauve” ; tout comme son contraire “un regard qui fait perdre”. Pour échapper au deuxième, je marche tête baissée ignorant qu’en ce faisant, je pourrais perdre la première.
Maintenant je suis certaine, il faudrait à tous prix me procurer le troisième oeil:-)
yugurta
20 octobre 2009 à 10:58
Mitra, tu me projettes soudain en plein camp de concentration ou de rééducation, là où le moindre clignement de paupières mal placé mène tout droit à la fosse !
Quand tu fermes tes deux yeux, le troisième s’ouvre… le plus ardu est de faire en sorte qu’ils s’entendent pour regarder ensemble cet univers multi dimensionnel.
NB : loin de moi la présomption de me prendre pour un écrivain. Je suis scribe.
mitra
20 octobre 2009 à 21:26
C’est une belle leçon que tu me donnes Yougi !
C’est dans ces moments là que tu fais ressortir ton côté “sage” que tu caches bien derrière ces jeux de mots que tu débites.
Safo Maroc
21 octobre 2009 à 11:07
mitra a tout à raison ,la cible est touchée!
Votre sage ne finira pas de vous étonner .Bonne chance !
Safo Maroc
21 octobre 2009 à 11:11
Je veux dire tout à fait raison,mes amis:Yugu nous fait perdre la tête!