Réflexions actuelles
Je suis surpris de sentir une vague de colère laminer les profondeurs de mes pensées.
Vous me direz ” c’est normal, tu viens de te faire traiter de W.C !”.
Et, pour corser l’avis et serrer la vis, par une personne placée en éminente estime.
Tout cela parce que cet espace se veut affranchi de tout tabou ou complexe.
Dit autrement, de façon tout autant désinhibée, devrais-je aller me rhabiller pour délit de “babillage” ?
Le temps d’y réfléchir, je quitte la plage de Tamaris pour rendre visite à la guenon de mon oncle à Mohammédia.
Sur la route embouteillée par les conducteurs du dimanche, le sourire me revient sans crier gare.
Peu m’importe l’opinion d’autrui ou son sentiment à mon égard, la liberté a un prix et je m’en acquitte de bon gré.
Arrivé devant le perron de cette demeure coloniale, je ne peux m’empêcher d’admirer leur travail et de le comparer à ce qui se fait aujourd’hui.
J’aime cette guenon.
Elle est sans compromis et subtilement perspicace.
Elle ne connaît de l’hypocrisie que ce qu’elle en voit dans le regard de certains visiteurs.
Je soupçonne d’ailleurs le maître du logis, homme d’affaires émérite, d’utiliser ce primate pour “séparer le grain de l’ivraie” en lui laissant le soin du rejet des hôtes indésirables.
Comme c’est mon jeune cousin qui m’ouvre la porte, je ne fais pas dans les salamalecs et m’oriente directement vers sa cage ouverte.
Depuis qu’elle a mis la pagaille à toutes les paraboles du quartier, elle vit attachée.
Ses entraves n’ont fait qu’ajouter à sa rage de vierge effarouchée.
C’est là que tous ont pu constater sa force réelle, de loin supérieure à celle de deux hommes adultes vigoureux.
Cette fois ci, je lui ai apporté des cacahuètes décortiquées et un morceau de gateau glacé au chocolat.
Elle les prend avec une délicatesse bien plus humaine que celle que j’attribuais à certaines personnes.
Tandis qu’elle déguste ses friandises, je la regarde, assis en tailleur sur sa pierre plate préférée.
J’envie la perfection de sa dentition d’ivoire tout en imaginant les circonstances d’un éventuel retour à son environnement d’origine.
Elle n’aurait pratiquement aucune probabilité d’y survivre.
Et pourtant c’est sa seule chance de connaître un jour la maternité dont le manque commence à se faire ressentir, selon ses dernières bêtises rapportées par le même cousin, curieux de me voir me faire massacrer… Pour une fois.
Avez vous déjà vu un “singe” se laver les mains ?
Pour ceux et celles qui auront répondu par l’affirmative, prière continuer sereinement votre lecture.
Pour “les autres”, à mon signal, rebondissez !
Et le plaisir rugit en travers de mon crâne, irradiant ces parties molestées à vif, naissant de ces doigts de fée qui me cherchaient amoureusement des poux dans la tête.
Et, comble de la tendresse, elle faisait mine d’en dénicher quelques uns qu’elle mimait de mettre dans sa bouche à l’haleine délicate.
Ma main droite enserrée dans sa gauche, l’épouillage dura quelques minutes voluptueuses.
Un moment dépouillé de toute parole ou quête d’une vérité somme toute quelconque.
La séparation est toujours pénible.
Elle, aucune latitude autre que la longueur de la corde.
Moi, le retour obligé à la platitude quasi généralisée.
Pendant que les kilomètres défilent, je reste totalement muet.
En repassant devant ces plages privées où on se la joue huppé(e), je me tais.
J’ai eu ma dose de gentillesse gratuite.
Puisée directement à la source.
Que chacun(e) vive comme bon lui semble.
Sans empêcher quiconque d’en faire autant.
" Merci d'être là où "Science sans conscience n'est que ruine de l'Âme".
Chapeau bien bas aux nobles mécènes qui soutiennent ce Blog et à Nabil en particulier. Je lui dédie ces primeurs, dégurgitées alors que je bronzais nu sur une plage, rassurez vous, déserte."
kalimate
19 juillet 2009 à 22:31
le sourire n’a pas quitté mes levres tout le temps de la lecture de ce texte très épuré de toute fantaisie, esthétique d’une ecriture recherchée, empreinte yugurtine dont sont imprégnés tes autres écrits.
le raffinement est dans la simplicité et la beauté des sentiments échangés avec ta sublime copine.l’image était parfaite, image après image le texte tel un film se déroulait dans mon imaginaire. remarque je ne sais pas à quoi tu ressembles mais la représentation était nette, presque réelle. Passe de belles vacances yuggy.
yugurta
19 juillet 2009 à 22:41
Kali, si on lui pose la question à Tini (elle s’appelle ainsi), je crois qu’elle te répondrait : “il ne vous ressemble pas”.
Bon temps à toi aussi.
kalimate
19 juillet 2009 à 23:36
si tu as des poux, c’est que tu me ressembles… rires
plus que tu ne le penses yug.
au fait pour la bêtise, elle est à la mode ces derniers temps.
Ce soir j’étais à la caisse du super marché, un monde fou derrière moi, la caissière avait des problème à changer son papier et puis au milieu de cette cohue, un type casquete sur le crane même s’il fait nuit,deux melons et une bouteille d’eau vide à la main, depasse tout le monde, depose ses melons et me regarde droit dans les yeux et me tiens un discours sur les caissières incompétentes, etc, bla bla, quand il a fini son speech “diyal sentiha”, il était étonné de mon regard absent et le manque d’intérêt à son valeureux discours. je lui dis calmement:” pardon monsieur, je suis malentendante, vas y monsieur, vous pouvez passez avant moi”.
au lieu de me remercier, il me jette un regard noir et s’en va.
Hamil al amani
20 juillet 2009 à 10:49
Cet espace se veut affranchi de tout tabou ou complexe.
Peu m’importe l’opinion d’autrui ou son sentiment à mon égard, la liberté a un prix et je m’en acquitte de bon gré.
Que chacun(e) vive comme bon lui semble, sans empêcher quiconque d’en faire autant.
Voilà des paroles aurifères auxquelles j’adhère à 24 carats et que je fais volontiers miennes, si tu le permets.
Charles Darwin aurait eu 200 ans en février de cette année. Oui, un grand homme, qui a entamé un gigantesque chantier de décrassage de la pensée humaine, afin de la débarrasser de ses billevesées créationnistes. Vaste programme, quand on pense qu’environ 98% de notre espèce croient toujours à ces contes de fées pour enfants attardés. Cela ne veut pas dire que personnellement, je ne ne me sens pas tout aussi attardé dans un tas de domaines, notamment dans celui, salutaire, qui dicte qu’il vaut mieux pour sa propre santé de se fondre dans la masse, pour se faire oublier.
Ah, j’aurais tant aimé avoir la foi, la foi de mon charbonnier,
Qui est heureux comme un pape et con comme un panier,
Comme a chanté, à peu dechose près, Georges Brassens.
Oui, je le revendique, cette guenon est ma cousine, que dis-je, ma soeur et pour peu que son espèce fasse partie du groupe des pongidés, je partage avec elle 98% de mon ADN.
Darwin et le big bang, voilà bien toute ma religion et je m’en suffis. Ce qu’il y a eu avant le big bang et l’origine de l’univers? Je fais entièrement confiance à la science pour le découvrir un jour et n’ai nul besoin de créer un quelconque dieu pour obtenir une explication simpliste et pou vaincre mon angoisse de la mort, fin personnelle de toute chose. L’éternité, comptable en milliards d’années terrestres? Oui, bien sûr, les atomes de mon corps décomposé ou réduit en cendres retournant dans le concert des étoiles dont ils sont issus.
La Foi incommodée par les incertitudes,
Condamne la pensée qui engendre le doute.
Quant à moi, marginal, je vaque en solitude,
Avec ma liberté pour compagne de route.
La Vérité d’ici ne laisse aucun recours.
Rien ne compte à part elle et tu n’as d’autre choix,
A moins que d’un visa ne vienne ton secours,
Que d’admettre en naissant le Culte qui t’échoit.
Cela dit, néanmoins, j’ai ma propre culture,
Le Big Bang et Darwin, la science, la raison
Et j’y persisterai jusqu’à ma sépulture,
Satisfait de ces vers pour unique oraison.
et pour finir et rester fidèle à mon personnage de dépravé lubrique:
Dixit Darwin
Parlant de la cravate, je suppose
L’évolution à son sommet
Place l’homme puisque jamais,
Un animal auparavant,
N’aura porté sa queue devant.
yugurta
20 juillet 2009 à 11:24
Kali, le vil observateur que tu lis comprends ceci : primo cet énergumène souffre de diabète et sa femme encenite de 2 mois est restée dans la voiture à attendre ses melons. Secundo, il a shinté toute la file sauf toi… c que malgré l’urgence et sa basse opinion des sujets alignés comme des copies d’examen, tu vaux bien l’attente… et même un brin de conversation. Donc, yes, tu me ressembles ! Why ? Parce que j’aurais réagi exactement de la même manière à la seule différence que j’aurais mis un pied sur son passage et, qu’en faisant semblant de vouloir empêcher sa chute, je lui aurais mis l’un de ces melons là où je pense (n’est ce pas Hamil ?).
Hamil l’insubordonné, viendra I7tina Rabi un temps où je t’en conterais de ces antiques secrets presdigitalement occultés.
Pour de mettre la bave aux babines, figure toi que le primate descend de l’homme et que cette “évolution” s’est faite sans dégénération notable, à part les pouces opposables. Pour t’aguicher davantage, imagine que ton cariotype ne diffère de celui de la poule (la vraie) que sur un segment de chromosome sur la 21ème paire. Ce credo yugurtin fait respirer le cosmos à l’instar d’un poumon. Nous sommes des êtres d’eau (Lisez MG) mais je peux te conter mon histoire du matin… Assis sur les marches de l’escalier de ma terasse, je fume ma première clope en assistant un cafard dans son agonie douloureuse. A l’examen des bris de toîle prise entre ses six pattes, j’en déduis que ce n’est guère le vent qui le mit si mal en point autant qu’une morsure d’araignée dérangée par son intrusion aîlée. Tout se déroula dans le noir à l’insu des regards. Je tire donc mes bouffée de mort en essayant de remettre cet être sur “pieds”… En vain, il n’a plus de traction arrière. Le soleil ardent serait un sort cruel mais le feu des cohortes de fourmis lui est de loin supérieur.
Alors, ma clope consumée, je le pousse délicatement vers un coin d’ombre et m’en vais en quête d’une proie décédée à offrir en “coupe route” à l’entrée de la fourmilière.
Quant à La Foi en Un Créateur Unique, cet espace n’est pas ouvert à la prédication, ni dans un sens ni dans l’autre.
Je te confierais seulement, en remerciement de ton éloquente sympathie, que nous n’étions pas supposés nous retrouver ici, que nous retournerons à cet ailleurs-chez nous dont nos âmes gardent la mémoire… Mais pas tous, donc pas la peine de pousser des cris de victoires prématurés.
Al Wazan sera unique juge.
Sais tu que les Anges n’osent se plaindre de solitude, le coeur explosé d’amour et de tristesse ?
Sur Terre, je choisis d’attendre le prochain poème de MG, justement, sur LA SOLITUDE…
bloginstinct » Le charme de la guenon….
20 juillet 2009 à 11:46
[...] A la liberté…de bêtise [...]
kb
20 juillet 2009 à 11:52
chez moi ta réponse :))))
Hamil al amani
20 juillet 2009 à 13:38
Le primate, à mon humble avis, ne descend pas de l’homme, ne faisons pas au premier cité cette insulte. Ils ont eu tout simplement, à un moment donné, le même papa ou la même maman, ou les deux à la fois.
Une autre théorie, ma foi intéressante, prétend que notre espèce serait le fruit du croisement entre un primate et une truie (ou un cochon et une guenon, c’est tout comme), ce qui expliquerait les nombreuses similitudes que nous avons avec ce magnifique animal, dans lequel tout est bon et il n’y a rien à jeter. Quant au pouce opposable aux autres doigts, serait-ce également le résultat de l’évolution, de façon à ce que la main puisse s’occuper de façon plus confortable et efficace de cette sacrée queue placée devant?
yugurta
20 juillet 2009 à 22:15
Hamil, je te réponds avant de m’en aller me réveiller de ce navet itératif… Que seul(e)s de rares blagueu(se)(r)s rehaussent de leur talent inné… Relis l’Odyssée d’Ulysse et son séjour chez la magicienne Psyché. Ok ? T’as comprimé maintenant ? Alors bonne Nuit !
MG
21 juillet 2009 à 12:15
Tout comme le cafard qui s’égare
Et ne sait se déplacer malgré ses six pattes (qu’au risque de se retrouver piégé sur le dos)
Dans nos habitats lissés au carrelage émaillé,
La guenon transplantée,
Supplée à la jungle, les toits désolés de la cité.
A défaut de voltiger d’arbre en arbre,
Elle jette son dévolu sur la foret des paraboles
En les torturant, elle joue au Don macaqui chotte
Avec ces moulins récepteurs de vent
On joue une tragicomédie
Que la guenon pousse à l’extrême dans l’acte d épouillage virtuel de son ami yugurta ! L’animal traduit sa SOLITUDE dans le royaume Sapiens prolifique.
Cette histoire commence tellement bien qu’elle mérite une suite.
Alors to bee continued ?
yugurta
21 juillet 2009 à 14:20
MG, mon petit oiseau me siffle que la suite, chez toi, serait mémorable. Peu d’auteurs ont osé aborder le thème de la solitude. Trianguler l’unicité revient souvent à “prendre des vessies pour des lanternes”. Aussi, ma pensée sans te hanter t’accompagnera sur ce territoire que seuls les “fous de Dieu” habitent…. Pas pour t’inspirer, pour te protéger.
kalimate
23 juillet 2009 à 11:15
de quoi l’en parle entre coquelicots? eh bien ,de liberté certainement, parfois des bêtises, mais jamais de liberté de bêtise.
chez nous, les campagnards (les vrais) nous fuyons la civilisation, nos animaux ne sont pas corrompus et notre ciel reste clément . notre souffrance commence quand la civilisation est venue vers nous.
depuis 6 ans sinon plus, une grande société agricole espagnole est venue s’implanter chez nous, entre ces petites fermes, les gens lui cèdent leur terres en location, les gens étaient contents de trouver du travail dans ces serres, sur les champs d’anis, d’ail et différentes légumes.
rendez-vous avec la prospérité manqué pour les autres dont fait partie notre ferme, les espagnoles ont pompé notre eau, les arbres d’abricots commencent à dessécher il ne restent que les oliviers, deux figuier et quelques grenadiers, le grand bassin où on a appris à nager est desséché… terre de la désolation
heureusement, le ciel était clément cette année et donc nous avons eu la joie de voir le blé grandir, les champs des cardons, les artichauts sauvages, les coquelicots, les marguerites, des centaines de fleurs champêtres reviennent… des petites montagnes de blé, d’orge nos premiers terrains de glissade…
j’aurais aimé te conter toutes les histoires qui peuplaient mon enfance et que les coquelicots me rappelaient…
yugurta
23 juillet 2009 à 15:24
Kali, les coquelicots savent que “la liberté” est une bêtise. Ravi que les figuiers résistent.
pp
24 juillet 2009 à 15:48
Quand les gens souffrent de la canicule ils draguent moins,ils sortent moins,ils conduisent moins etc alors,logiquement il doitl y avoir moins d accidents de contaminations etc…….
la canicule est l ennemie de la liberté physique et cette derniere est a l origine de bcp de malheurs dans notre pays.Alors,j espere que l èté prochain sera plus chaud et surtout le mois sacré………
les rues sont calmes et les agresseurs sont épuisés par l excesive chaleur……
Moi, qui a eu tjrs du mal a trouvé une solution à la vie bordelique dont souffre bcp de nos civilisés concitoyens je me rend compte qu une terrible chaleur peut arranger relativement les choses et sans priver les gens de la liberté dont ils abusent une canicule peut etre etrangement éfficace…
kalimate
9 août 2009 à 18:26
Où est-ce que tu te caches mon lutin préféré? ton texte tarde alors que les miens sont allignés mais je ne sais pour quelle raison on a bloqué mon blog, je ne peux l’ouvrir de mon adresse Ip. en quoi le blog de kalimate dérange-t-il moi qui me nourrit de littérature et de paix avec moi même?!!!
Le charme de la guenon…. « Kbaratinage
25 novembre 2009 à 15:34
[...] A la liberté…de bêtise [...]