Réflexions actuelles
“Les contingents de contorsionnistes co-tortionnaires fomentent leur complot tels les commentateurs de suicides nippons”…
Exactement le genre de phrases oiseuses qu’un Sherlock d’Oulmés peut diffuser sans avoir conscience de signer son arrêt de “maure” d’un geste calligraphique aussi ténu que la langue d’une mangouste amatrice de fourmis.
Mais puisque “charité bien ordonnée commence par soi même” et malgré tous les avertissements de ma maman qui ne cessait de me hurler aux oreilles que “qui veut aller loin ménage sa morsure”, j’avais pris le soin de m’adresser mes condoléances acides avant de faire le ”ménage à Troie”.
A quoi bon regretter à présent d’avoir refusé de me leurrer davantage ?
Tel la reine stérile mise à mort par ses filles, j’avais le coeur englué du sentiment que seul mon cadavre tronçonné ressemblerait encore un moment à une abeille.
Alors, par gratitude anticipée envers le miel de vos regards et le gracile coup des girafes pendues par leur père, je fis en sorte que ce billet jubilateur et voyageur n’ait ni la senteur ni la puanteur d’un Testament Télé pas “tâteur de maux”.
Et pour sympathiser cette allure atroce, je persiflais que je vous “Âme” tous et toutes sans discrétion ni discernement car ma perception de l’Humanité s’insurge contre toute discrimination en son choeur.
J’avais cru, à tort, qu’il suffirait de respirer un bon coup et de ruer de mes oreilles fourchues en ruminant les fléaux fluos et flous de ces filous, prélude aux effluves sonores à sourdre de chaque pore comme le fliou s’allie aux fleuves de thé chez nous.
Personne ne m’avait dit qu’une bonne séance de torture était plus agréable que cette agonie lente entre quatre murs.
Il était déjà beaucoup trop tard pour faire machine arrière quand je compris, qu’en effet, ”le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions”.
J’avais joué à mon insu le rôle de la tarte et, désormais, mon exécution ferait office de cerise sur le gâteau.
Pour me redonner le sourire, je me répétais que j’avais réussi, sans le savoir ou le vouloir, mon “intégration verticale”.
Malédicteur à l’harmonie scripturale maladroite ou quêteur insolemment naïf, il ne me reste maintenant que la santé t’attendre mon châtiment dans ma cellule en braillant ce billet sur mes méninges à défaut de disposer d’un papier volant à travers les brumes du temps.
En hommage au Néant décoré de cette espièglerie qui me colle aux trousses, j’ordonne aux Souvenirs de quitter leur linceul un instant pour témoigner de mes voeux éculés d’alors que j’imaginais emprunter la “bonne voie”.
“….
Quand donc nos mânes reposeront-elles en paix de savoir d’outre tombe que des centaines d’hélicoptères sanitaires balayent le Maroc rural pour transporter d’urgence filles, mères, pères, mâles et fils vers les établissements de santé ?
Bientôt, à leur tour, les taux de mortalité néonatale et maternelle vont chuter !
Car un équipementier émérite de ce type d’appareils a opté, à contre courant d’autres supposés éminents constructeurs, d’intégrer le tissu industriel de notre pays et de nous faciliter l’accés aux interventions héliportées d’urgence.
Il nous permettra de concentrer l’effort public sur la modernisation des hôpitaux, centres et dispensaires déjà existants sans avoir à en fonder des centaines d’autres pour les rapprocher des citoyen(ne)s éparpillé(e)s sur tout le territoire national, terrestre et maritime.
Car même la plus généreuse des cornes d’abondance serait, sans nul doute, inapte à concurrencer une ambulance volante en matière d’assistance médicalisée requise par les nombreuses urgences en mer, à bord des bateaux de nos flottes de pêche et de plaisance.
Et pendant qu’on y sera, je suggère de ne délivrer aucun agrément d’hélico-taxi aux pilotes ukrainiens transfuges de l’armée ”régulière” congolaise car ils manquent d’expérience pour affronter l’Océan Atlantique et les reliefs de l’Atlas en pleine tempête.
….”
M’arrachant à ces pérégrinations, le chant du gong retentit en faisant vibrer la muraille du pénitencier alors que l’aube en finit de chasser la nuit.
Les regards hagards de mes compagnons de mauvaise fortune se portèrent de concert vers la lourde porte en airain.
On devinait sans le voir le gibet dressé dans l’arrière cour, ses noeuds coulants gorgés de pluie que le bourreau méticuleux vérifierait le moment venu.
L’interminable écho faisait ressurgir les choix tragiques, décidés sur la corde raide d’une époque tumultueuse.
Blêmes de résignation et lassés de ces infernales nuits blanches, nous guettions le lever de ce soleil qui allait briller une dernière fois pour “l’élu” du jour.
C’est l’amour de l’or rance de Barbarie qui nous avaient, à une exception prés, tous mené vers ce purgatoire, suspendus avant même d’être pendus haut et court “jusqu’à ce que mort s’ensuive”.
Alors que le loquet de la porte retombait sur le cliquetis des chaînes traînées par les pas du condamné, nous tirions rapidement à la courte paille lesquels auraient droit au spectacle et lesquels, par conséquent, leur feraient la courte échelle pour s’accrocher aux barres de fonte scellant les meurtrières.
Cette loterie macabre devait, à chaque fois, attendre que les geôliers manifestent leur choix car personne n’était averti d’avance de la date de son supplice.
Une méthode inaugurée par l’ancien directeur, seul maître à bord, qui déclarait, lors de séminaires pompeux ou en recevant ses invités sur la tribune d’honneur aménagée dans un coin de la cour, que son “établissement” avait vocation d’offrir à ses “pensionnaires” la rémission de leurs pêchés.
Ce puritain fanatique partageait à présent le confort de notre gîte, prostré dans un recoin humide.
Le front sur les genoux, il ne participait pas à notre jeu du “cochon pendu” et s’appliquait, semblant déjà ailleurs, à ne plus faire la moindre allusion à ses fantasmes de “rédemption précoce”.
Son successeur avait tout bonnement perpétué ce système inique au sadisme unique.
Le Nouvel Empereur de la Mort avait une face de nem aux crevettes tellement il plissait ses yeux ridés d’un plaisir que ses favoris proéminents n’essayaient même pas de dissimuler.
Se dandinant comme un cul de jatte sous l’homme à lyncher, un ex-laveur de carreaux cambrioleur à ses heures, la démarche gauche du directeur accentuait sa dégaine “loup phoque”.
Le discours qu’il distillait aux notables dépassait l’estrade de la tribune pour résonner sur nos tympans.
Il y était invariablement question de l’engeance infâme que nous figurions et de la vengeance, nécessairement divine, que nous méritions.
Jaillissant de la frange de nos coeurs encore nette de toute fange, nous entonnions alors un tonitruant chant d’A Dieu à l’intention de l’imminent trépassé dont la silouhette vacillait d’une terreur légitime.
Seul notre infortuné ex-tortionnaire restait de marbre, fidèle à son mutisme.
Il n’avait jamais pipé le moindre mot sur ce qui s’était passé cette nuit là.
Il se laissait dépérir sans livrer le moindre indice de repentir.
Tout ce que le planton de faction avait révélé à ses collègues, c’est qu’il était entré, comme à son habitude, pour déposer le journal sur le bureau et avait trouvé le directeur calmement assis derrière son pupitre, son pyjama recouvert de sang.
Il dodelinait sa tête d’avant en arrière en tenant délicatement une masse sanguinolente entre ses mains jointes comme pour la prière.
Convoqué en toute hâte, l’inspecteur des prisons découvrit le corps de l’épouse gîsant, le thorax mutilé, sur le lit de leur chambre à coucher.
S’étant condamné au funeste sort qu’il infligeait auparavant à autrui, cet halluciné répétait gentiment une même phrase à tous les interrogatoires : ” Laurence, mon amour de coeur à pendre, j’ai ta corde au coup …” .
Lorsque son tour vint, nous lui chantâmes notre hymne pour lui insuffler le cran, sinon le courage, de partir dignement à défaut de le faire proprement.
Dernière fantaisie ou défi masochiste, il avait refusé tant le bandeau que le bouchon.
Par chance, je pus m’en mettre plein les yeux cette fois là.
Je résista suffisamment à la morsure du métal sur mes paumes crispées pour le dévisager alors que ses jambes pendaient mollement sous le tissu de son pantalon souillé comme celui d’un nouveau né sans couches.
A la différence près que l’un s’en vient couché tandis que l’autre s’en va “presque” debout…
Doyen de la cellule, il y a fort à parier que je serais bientôt le clou du spectacle.
Les regards de convoitise convergent déjà comme un aimant vers l’emplacement privilégié que j’occupe loin des courants d’air et des rats.
“Es tu mûr ?”, me dis je en mon for intérieur en me rasseyant sur ma natte.
Mais comment oserais je me prétendre préparé à la corde ?
J’aime tant la vie, même si proche de la mort.
" Merci d'être là où "Science sans conscience n'est que ruine de l'Âme".
Chapeau bien bas aux nobles mécènes qui soutiennent ce Blog et à Nabil en particulier. Je lui dédie ces primeurs, dégurgitées alors que je bronzais nu sur une plage, rassurez vous, déserte."
lamali
20 février 2009 à 15:47
wawww!!! te lire , un pur plaisir
laytewel 3omrek
RDB
23 février 2009 à 8:26
Mais qui est ce con qui est allé voter pour moi en tant que meilleur blog en français? Attends, désolé les gars mais vous avez raté la cible… fallait viser plus bas, du coté d’Agadir…
Non mais j’hallucine, tu es réellement comme ça ou est ce que t’es tombé dans un truc pas très islamique étant petit ? KB devrait aller se rhabiller mnt, allez KB au vestiaire, tu as pris un coup de bide et t’es plus bon qu’à jouer de la guitare sous le balcon de ces dames.. tu sais bien de qui je parle vilain..
Aji sinon, comment faire pour te choper une colique pareille à la tienne assi yugurta ? Parait que tu dois en engloutir du Yoplé par ci yopla par là.. tu vois j’apprends vite à faire le singe mais est ce vraiment ça t’imiter ? Je pense que je devrais moi aussi aller me rhabiller, il fait froid en plus et j’ai pas mangé mes épinards (pouahh).. dis l’ami? ça te dirait de m’dire c’est quoi ton secret, allez avoue, tu me dois bien ça pour le câlin que je t’ai fait l’autre soir..KB ta gueule c’est pas ce que tu pense et si jamais tu rigoles je viens te secouer la poussière cosmique accumulée sur ton postérieur royal…d’air Maroc bien sûr pas autre chose.. allez je cesse de dire n’importe quoi, je crois que ce serveur m’a filé qq chose dans mon nous nous… garçon!!!!!
MG
25 février 2009 à 1:09
Le peloton d’exécution est seul garant d’une mort intégrale, la guillotine pour dissocier et s’assurer l’irréparable, la chaise survoltée a la vocation calcinente post mortem, la potence pour le respect de l’intégrité physique d’un mort présentable au publique, l’injection létale pour faire diversion et faire perdurer la peine capitale, autant de procédés ingénieux rivalisant dans l’art d’offrir la mort. Rien n’est convaincant en matière de trépas, d’où la multiplicité des approches, les bourreaux sont les éternels insatisfaits car leurs prouesses ne sont jamais à la hauteur des aspirations de leurs commanditaires. C’est dire que le crime légal a de l’avenir et les recherches continueront tant les désirs des massacres resteront inassouvis. Faire mourir est un but qui ne suffit pas car la mort induite n’est qu’une dérobade sous couvert d’une âme qui s’échappe insaisissable laissant un goût d’amertume aux bourreaux en mal d’extase devant une simple variante d’une circoncision !
Une circoncision qui outrepasse la symbolique du prépuce pour passer à l’acte d’ôter la vie.
Le témoignage humanitaire des condamnées à mort de la fiction de yugurta ne peut être une lettre morte mais bien une plaidoirie contre le crime institutionnalisé.
le mythe
2 mars 2009 à 16:56
Je ne suis pas venu te parler d’une séance de torture mais je viens t’inviter à une séance de transpiration, où l’entrainement prend la forme de la torture,
A défaut de côtoyer la mort, tu mordras à pleine dent la vie
Beau texte, très beau texte
Salut l’artiste
yugurta
3 mars 2009 à 21:29
Mes ami(e)s, je vous adresse toute ma gratitude.
Oh combien est-ce réconfortant de vous lire !
Cela me rappelle à chaque fois cette célèbre contine pour enfants : “Frère Jacques, frère jacques, dormez vous… ?”.
Vous au moins, vous ne dormez pas et votre “chandelle” n’est pas morte…
Et Elles ne sont pas du genre “qu’on prête” !
kalimate
3 mars 2009 à 22:59
Pourquoi ai-je l’impression d’avoir déjà lu ce texte?
c’est la première fois que je vous lis et je ne voudrais surtout pas dépasser mes limites.Je continue à explorer la richesse des blogs découverts dernièrement. franchement, je fais ma révérence à l’écrivain même si je reste sur ma faim.
un beau pastiche du dernier jour d’un condamné sauf que pour Hugo “ces bourreaux sont des hommes très doux”.
au plaisir de vous relire yugurta.
Archibald Leaurees
4 mars 2009 à 12:49
J’ai une tendance prononcée à apprécier les giclés. Sacré spécimen là tout de même…
Merci pour les écrits
Bien à vous toutes et tous !
al.
yugurta
4 mars 2009 à 20:16
Kalimate, je lis tes com’s sur certains blogs. Honoré de ta visite… J’apprécierais de lire ce qu’a écrit V. HUGO à ce propos si tu as l’amabilité de m’indiquer l’oeuvre dont il s’agit. Je ne connais personnellement aucun “bourreau” à part l’existence elle même, si douce et parfois si amère…
Archibald, “Frère d’Âme”, j’ai réellement apprécié la noblesse de tes réparties ailleurs qu’ici… Suffisamment pour accorder une valeur immense à ta critique.
Hospitalement vôtre.
kalimate
4 mars 2009 à 21:59
volontier yugurta (à propos ton pseudo sonne bien, on dirait un héros berbère)
l’oeuvre en question est :Le dernier jour d’un condamné, elle est partout car c’est au programme du bac marocain. tu peux même la télécharger sur le net.http://www.studentsoftheworld.info/sites/ecoles/condamne.php
yugurta
6 mars 2009 à 21:12
Kalimate, je finis à l’instant de lire cette oeuvre… De bout en bout.
Que mon humble billet “spontané” y soit comparé reste une énigme que, toi seul(e) peut expliquer.
G eu la sensation permanente de remonter le temps.
Par effacement.
Merci.
kalimate
7 mars 2009 à 10:43
bonjour yugurta,
Tu auras ta réponse que j’espère sera satisfaisante à nous deux sur une note que j’ai voulu harmonieuse alors qu’elle n’était que discorde à ton ouie fine habituée aux symphonies élogieuses. Normal je dirai, et pour cause, je t’ai choisi parmi la crème des crèmes de la blogorama marocaine.
kalimate… (paroles) divinement vivantes.
ps: heureuse d’avoir retrouvé le vrai yugurta (Lord du clavier… clin d’oeil à kb), il ya des mots qui blessent même biffés youguy… cela me rappelle l’histoire du baton dans la psychanalyse…
au plaisir Maestro .
yugurta
7 mars 2009 à 19:38
Kalimate, en peu de mots, te lire est “remuant” même si ton blog est “résistant” à la lecture.
A mon sens, il n’yavait pas un vrai et un faux yugurta, d’ailleurs y en a plus du tout.
Simplement que la conjonction de multiples évènements frisait la cacophonie et que les “gentils petits mots” se sont retrouvés, ensemble, noyés dans une vasque d’eau saûmatre en Sumérie.
Permets que je te passe le relai à bâtons rompus !
kalimate
8 mars 2009 à 0:31
wa iyeeeah! wa rani fatiguée mennou, surtout suis pas une lumière flinformatique…une simple mes tresses walaquin efficace parole des gentils petits mots entiers!
écoute, j’ai adoré nos échanges, ici ou ailleurs… tu te la joues bad boy …mais pour moi tu restes un délicieux mestro. Curieuse de savoir ce que tu fais!
ps: je n’ai rien noyé , je te dirai et en détails ma première impression et qui reste fondée.
hey, j’ai réusssi à changer de peau (mon blog), il est visible now!!