Que de tribus sur ce vaste monde !

Que d’horizons différents sous un unique soleil !

La collation matinale trop épicée peine à franchir mon gosier.

Même à  05 heures du matin, l’atmosphère de Bangkok, de son vrai nom Krumph Phêt, soit ”La Cité des Anges”, reste saturée de pollutions en tous genres.

Autre point commun qu’elle partage avec la “Los Angeles City” californienne.

A croire que ces mégalopoles au nom sybillin ne sont sorties de terre que pour servir de sanctuaires aux populations de démons “dévoreurs d’âmes” !

Ce n’est qu’en la quittant, quelques jours plus tard, que j’apercevrais le dôme brunâtre qui recouvre en permanence la capitale du Royaume du Siam.

Avant de m’éloigner vers la frontière malaisienne, j’aurais le temps, fidèle à notre sport national n° 1, d’épier les va et viens des uns et des autres comme si c’étaient eux les touristes.

D’un dynamisme “affriolant”, la foule piétonne rivalisait de ferveur avec les hordes de tuk tuk et toutes sortes de véhicules dans un tintamarre assourdissant de klaxons et de moteurs pétaradants.

Je ne fus fixé sur l’énigmatique absence de toute auto-école que lorsqu’un marchand chinois m’informa, tout en me glissant sous son étal ces satanées cigarettes américaines introuvables autrement qu’en contrebande,  qu’aucun “permis” n’était nécessaire ici pour conduire autre chose qu’un train ou un avion.

Il rajouta, sur un ton amusé, que, vu que personne n’était obligé de s’assurer, tout le monde faisait en sorte d’éviter les dégâts, d’où les statistiques qui plaçaient la Thaïlande dans le peloton de tête mondial en matière de sécurité routière.

Tout à mon voyeurisme “dollarisé”, je déambulais nonchalamment de temple à temple, m’extasiant ici de la vaniteuse opulence de babouins sacrés et, plus loin, de l’inexplicable générosité de prieurs-mendiants mettant le plus grand soin à appliquer leur fine feuille d’or sur un Buddha couché dont la fantaisie des dimensions était en rapport inverse avec la pauvreté de ces pélerins.

Tout au long de mon périple urbain, je veillais soigneusement à ne jamais montrer la plante de mes pieds ou le bas de mes semelles à quiconque, sachant que, dans ces parages, une telle posture représentait l’insulte suprême. 

Par curiosité et mu par ma passion du sport sus cité, je me surpris à suivre comme leur ombre deux bonzes à leur sortie du temple du Buddha d’émeraude.

Et quelle ne fut ma surprise de découvrir que leurs pas nus les emmenaient lècher les vitrines !

Qui aurait cru que ces moines soldats étaient férus de soldes et qu’ils ne résistaient pas même à l’envie de “dépenser” !

J’ai eu beau chercher des yeux une “bonzesse”, peine perdue, les gonzesses devaient avoir d’autres “chats” à fouetter.  

Autant chercher une paire de talons aiguille dans une mosquée afghane !

C’est donc non sans plaisir que je quitta ces tribulations citadines pour monter dans le premier train-couchettes en partance pour le Sud.

Mes compagnons auraient certes préféré se diriger au Nord vers Le Triangle d’Or et ses narcotrafiquants, jouïr des paysages fabuleux et faire du trekking entre Chang Raï et Chang Maï en fumant une pipe d’opium…

Mais il se laissèrent convaincre de s’éloigner avec moi des “souvenirs” laissés par les khmers rouges à la frontière cambodgienne.

Arrivé sur mon hamac aprés une longue nuit à faire le tour de l’île de Koh Samui en moto, je fus réveillé par la chienne de la gérante des bungalows de “Shangrila beach”.

Les yeux à demi ouverts, il me fallut un bon moment pour réaliser que j’avais rêvé des bigôteries de mes compatriotes et des bigoudis de leurs concubines, là bas, sur l’autre face de la planète, dans les hammams du Pays des wafasalafistes, moudawanistes et tout un tas d’attributs se terminant par le suffixe -iste.

Attablé devant mon premier petit déjeûner d’îlien, un assortiment de fruits de saison accompagné de jus à volonté, je me souviens encore aujourd’hui, 20 ans plus tard, que je m’accorda quelques instants pour revisionner l’imposture de ces aventuristes dont l’Histoire ne retiendra aucun des labels.

Parce que, depuis l’aube des temps, c’est sous les chapiteaux des cirques et fêtes foraines qu’est la place des équilibristes et jongleurs, ces “junglers” modernes ont cru asseoir une suprématie “héréditaire” en transformant notre monde en zoo.

En fait de “chaînon” prétendûment ”manquant”, La Baronnerie Mondiale a trouvé, en la répétition cyclique des crises planétaires, un puissant levier à son machiavélisme institutionnel.

Une sorte de “remake permanent” de réflexes pastoraux ancestraux qui consistent à engraisser les troupeaux, chacun dans sa cage ou fosse, avant la tonte et l’abattoir…

La bouche pleine de banane flambée au vin de palme, je savourais la lâcheté de mon karma qui se délectait de revendiquer la destruction des complexes militaro-industriels depuis le sable doré de cette plage paradisiaque.  

C’était si simple, en champion auto-proclamé de la “Mattitude”, d’apaiser mentalement ma conscience en Asie en songeant à l’avènement du “Plumâge”, ère de la caresse universelle et de l’Amour rayonnant jusqu’au fond des ghettos, guérites et guitounes !

Par précaution, je m’étais muni des recettes de cuisine du ”Tribun Newton”, l’un des rares membres du CAC + 40 qui savait tenir une plume (Club des Allumés du Citron de plus de 40 ans) et qui a pris sur lui de décrire l’une des méthodes pour garder les pieds sur terre tout en ayant la tête dans les nuages : ” Pour faire le plein d’idées, placez soigneusement votre crâne sur la trajectoire supposée d’une noix de coco et ne bougez plus, le temps fera le reste…”.

Des recherches approfondies m’ont permis de découvrir que ce “militant de l’inertie unilatérale” s’est largement inspiré de la Loi du Tao si chère aux syndicats d’ouvriers nippons… Mais cela est une autre histoire à étaler ailleurs qu’ici et maintenant.

Au Maroc, nous n’y allons pas par quatre chemins en spéculant qu’ils nous méneront tous à Rome.

On ne se fie pas à la jauge pour savoir si on a fait le plein, on hume le réservoir.

S’il sent la poudre de canon, tout va bien “dans le meilleur des mondes”.

Si c’est une senteur de lotus ou de jasmin qui se dégage, ce n’est pas la peine de reprendre le guidon…

On sait alors se résoudre, toute sa vie durant, à subir le tribut d’un Karma “bidon”.

En gardant un esprit “sportif” et une attitude dignement Rock’n Roll.

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PS :

Ce billet est amicalement dédié à Salma Cherqaoui, la blogueuse (www.dansmabulle.wordpress.com) au karma de roc.