Réflexions actuelles
Le soleil regardait déjà ailleurs quand, enfin, il apparut.
Agitant un hochet d’une main et de l’autre une crécelle, il avançait lentement, semblant précédé par son tintamarre.
Au bout de mes lunettes à vision nocturne se dessinait progressivement la mosaïque de son accoutrement.
Dans les hameaux voisins, on le disait vêtu de peaux humaines.
Ses apparitions nocturnes, aussi tonitruantes qu’imprévisibles, semaient infailliblement la panique dans les chaumières.
Convaincus que seul le chant du coq maintenait à distance celui qu’ils appelaient “Noon”, les habitants choyaient jalousement ce précieux volatile.
A peine fût-il à portée de ma carabine que l’une de mes fléchettes soporifiques alla s’enfoncer dans son cou, à la naissance d’une barbe hirsute et broussailleuse.
Mes commanditaires avaient recommandé ce mode de capture afin de le préserver des “avaries” que causerait fuite ou résistance.
Sa réputation de mage était fermement établie par les rumeurs colportées à des centaines de lieux à la ronde.
La toute jeune population issue des éprouvettes redoutait comme la peste celui qui avait survécu à toutes les Grandes Epidémies du 21ème siècle et qui semblait également ne rien subir du passage du temps.
Ma cible atteinte, il ne me restait plus qu’à emballer et livrer le colis.
Finalement, cela avait été plus aisé que prévu. Un trophée sans coup férir ni sang versé.
En me rapprochant du corps étendu à terre, une senteur paradisiaque caressa mes narines sans que je puisse en discerner la provenance exacte.
Ce n’est qu’en posant mon regard sur lui que l’évidence éclata sous les frondaisons de cette forêt traversées par les derniers rayons du crépuscule.
Sa tunique bigarrée et racornie était le fruit du tissage de milliers de pétales de fleurs séchées, retenues par des points de résine ambrée.
Absorbé par ma contemplation admirative, le froid de ninja et le silence de cette forêt noire s’éloignaient de mes sens aussi furtivement que l’objet de ma mission.
Déjà assailli de doutes, la face angélique de mon gibier finissait de tenailler mon bon sens.
Sa pâleur soulignait la sérénité anormale qui plaquait son visage buriné et cerné de longues mèches blanches.
Rien ne confirmait cette réputation de “monstre” claironnée par les paysans durant mes investigations.
Rien ne justifiait cette absence de sommation et la traque impitoyable de cet être maintenant ligoté.
Mage ou pas, il avait réussi jusqu’à cet instant à déjouer tous les pièges, guet apens et traquenards pour le capturer mort ou vif.
Le pister avait englouti mes meilleures années et il a fallu le guetter des mois durant.
Vivre à la belle étoîle ne fut pas l’expérience sordide imaginée avant mon départ du Laboratoire.
Le plus souvent, la nature a été hospitalière quoi que son antre culminait dans les dernières hauteurs de cette végétation impénétrable.
A présent que l’issue était proche, ma prime de chasse me traversait l’esprit en galopant.
Cela allait être un record toutes catégories, mes camarades de la 1ère promotion de chasseurs en seront verts de rage…
Quand ce moment de distraction s’apaisa, il était subitement trop tard.
Médusé et tétanisé, la situation échappa à mon contrôle en un clin d’oeil.
Les yeux de “l’homme des cavernes”, faits de pur cristal pourpre, projetaient un faisceau d’une telle obscurité qu’elle en éclairait les ténèbres alentours.
Comme conviés par leur maître à animer une scène déjà hallucinante, hochet et crécelle sursautaient sur le sol de concert.
Une seconde fléchette tirée à bout portant n’eut d’autre effet que de le faire ricaner en un rictus atrocement funeste.
L’haleine pestilentielle me força à commencer à reculer alors qu’un son inhumain sortait en crescendo du trou noir qui lui tenait lieu de bouche.
Poursuivi par sa voix cruellement stridente et son regard démoniaque, je fouillais mon attirail en bandoulière à la recherche de bouchons de cire.
En les portant à mes oreilles, mes mains touchèrent un liquide poisseux qui coulait sur ma nuque.
Le son s’était soudainement tu, replongeant la nuit dans un silence de mauvaise augure …
La vive douleur au niveau de mes tympans et sa bouche toujours béante m’alertèrent de ma probable surdité.
Seule la vengeance m’assèna l’esprit, dans une éruption d’amour propre déçu et d’amertume vomitive.
Ni le souvenir de mes donneurs d’ordre ni l’avance touchée sur la prime ne purent censurer cet élan mu par l’âpreté du handicap subi.
Mais puisque tout ce qu’ils veulent au Labo, ce n’est pas le cobaye mais seulement un échantillon de son cerveau, pour s’attribuer sa puissante immunité…
Ajustant mon masque à gaz d’un geste entraîné tout en tenant fermement ma carabine par le canon, mes pas me redirigèrent vers lui.
Dans la lumière de ma torche, la crosse vola en éclats en rencontrant son crâne.
Loin de s’en soucier, il n’en gesticula que davantage en crachant tous azimuts ses postillons virulents et fétides.
En un claquement sec, ses liens se rompirent sous la force de ses contorsions.
Une fois debout, le combat s’engagea d’égal à égal, duel sans témoin ni merci.
Sortis en un geste fulgurant des pans de son “habit d’enfer”, une faucille et un kryss s’abattaient en vrille vers mon torse.
Rompu au corps à corps, mon instinct m’éloigna de ce double coup mais compromit toutefois mon équilibre et me priva de contre attaque.
Emportée par son assaut, cette créature qui n’avait plus rien d’humain me frôla en trébuchant sur une racine.
Fatale erreur qui me rappela au bon souvenir de La Providence.
Chutant sur l’un des pals disposés tout autour de la caverne durant mes mois d’observation, le monstre ne fut bientôt plus que soubresauts.
Son agonie fut brève, aidée en cela par le prélèvement de l’échantillon.
Ma mission accomplie, il ne me restait plus qu’à rentrer, sourd mais en vie.
Prenant le dessus sur l’appât du gain, mon intuition me dicta d’abandonner les cristaux sur place.
Qui sait s’ils y resteront ?
Qui sait s’il était vraiment seul ?
" Merci d'être là où "Science sans conscience n'est que ruine de l'Âme".
Chapeau bien bas aux nobles mécènes qui soutiennent ce Blog et à Nabil en particulier. Je lui dédie ces primeurs, dégurgitées alors que je bronzais nu sur une plage, rassurez vous, déserte."
happyending
9 novembre 2008 à 3:26
Fahimtou, wa lakinni ma fahimtou ya sahibi. Falima la taktoube bi chakline bacite wa awdahe, likaye naproufite minnake wa bilkhoussousse bi kitabatika aljamila wa alaniqua. Anta ya sadiki ta dirliya harique rrass bila fayda. fa limada… ?
Ssi sahele
9 novembre 2008 à 3:54
Na3ame, inna happyending ma3ahou haqque, Anta ya yugurta chakssoune 3abquari wa 3adime jiddane jiddane, wa nahnou ya ayouha nnasse ma zilna natloubou 3ilmane likaye nakounou fi almoustawa. Ana chakhssiyane, can never catch up with you. Ousloubouka jiddou 3amique, falihada, atloubou minnake ane touwaddihe wa choukrane.
tagdite
11 novembre 2008 à 1:37
ahhhhhhhhhhhhhhhh ce yugurta , tu es génial , et on doit encore se la creuser la cabossa
yalah a yugurta on y va ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,
je t embrasserai à travers chaque étoile
sous le vent j effleurerai ton âme
je viendrais te chanter tes louanges
en ésperant qu ‘ avant mon dernier souffle
dans un dernier soupir
tu ressentes mes sentiments
mon amour pour toi est indomptable
je suis une folle , passionnee et sincere
mes sentiments seront mes armes
meme au fond des cavernnes
meme dans les flammes de l enfer
je te crierai ma flamme
q aucun sorcier ne pourra éteindre
tagdite
primitif
11 novembre 2008 à 2:37
Il avait demandé à avoir quelques icônes du demi dieu et lui ont été refusées. Il tentait de deviner, l’image est brumeuse, la frustration est à son comble. Mais de quelle passion cause t-elle donc?
abasourdi
11 novembre 2008 à 6:07
Malheur à celui qui l approche de trop près.
Enflamme les coeurs. Embrase les cœurs. Brise les cœurs et n’en fait qu’à sa tête.
Ravive le feu. Réveille la passion. Bouscule l’existence. Désarçonne les rebelles. Surprenante créature.
Un être déconcertant. Un personnage mystérieux. Une force de caractère. Fierté et majesté.
Honneur à toi. Gloire à tes œuvres. Le savoir tu contrôles.
Néanmoins, l’obstination est un vilain défaut.
Naboulier
11 novembre 2008 à 7:22
Un grand merci pour un apercu de ton prochain chefs-d’oeuvre de littérature fantastique!
"personne"
11 novembre 2008 à 22:25
chaqu’un comprend les faits à ca facon,et essait de rapprocher ces pensées et ces deductions à la realité “la vrai realité” ..
j’ai eprouvé de l affection pour ce billet dont tu as brillé et mérité un triomphe.
tbarklah o lah ihfdék
un grand merci meme s’ il est anodin à votre egard
Safo Maroc
13 novembre 2008 à 23:58
Qui est le monstre à craindre ?
“Chasser pour être chassé”
Accomplir une mission n’est jamais sans danger.
Se jeter à l’eau malgré les vents et marrées,réussir coûte que coûte ,foncer aveuglement vers la Gloire!
Sacré objectif:cible incertaine!
Le duel entre le”Cerveau et la Cervelle”
Ce qui brille n’est pas toujours “OR”
Ne badinons pas avec la loi de la nature.
Les cavernes dont il est question n’abritent pas que des résignés,isolés.Mais, on y trouve des mystérieux ,sages et penseurs…
si on est assez averti,on leur demandera le secret de la “Nature”
Leur matière grise,fort heureusement,ne s’adapte pas aux humains que nous sommes:Aveuglés par notre arrogance ,
l’impossible nous semble possible!
Gare aux mirages et au feux de paille!
Ici, ce n’est qu’un aperçu modeste qui brosse le beau tableau de que nous présente notre cher Yugurta .
tagdite
15 novembre 2008 à 16:12
Alors que nous avançons dans le temps
Les minutes chantent leur éternel chant
Beaucoup de visages dans son magnifique regard
Avançons vers celui qui inspire la sagesse rare
En naviguant la rivière de l’anxiété
La perle de l espoir se trouvera
Tout en embrassant les vents nouveaux
Un nouveau passage ouvrira ses bras
Toujours pareil tel offre le beau
Reste sur ton fleuve et navigue en paix
tagdite
tagdite
16 novembre 2008 à 9:58
Je me demande si la véritable amitié existe, comme l’amour d’ailleurs, si tout n’est pas illusion et projection de nos rêves, et je pense à une phrase du merveilleux poème d’Aragon “Après l’amour”, chanté par Léo Ferré
En ce temps là j’étais crédule
Un rien m’était pro mission
Et je prenais les campanules
Pour les fleurs de la passion.
A tout âge , et surtout autour de l’âge mûr, j’ai pris pour amitié ce qui n’en était pas, mais qui aurait pu y ressembler.
Il m’a fallu bien du talent pour être “vieille sans être adulte”, pour paraphraser un autre chanteur, mais si je pense avoir maintenant trouvé de vrais amis non virtuels, je crois qu’il ne faut pas trop s’éloigner de ce que l’on est, et d’où l’on vient, pour être en accord parfait avec son ami(e) et pouvoir dire que l’on a dépassé le stade des copains
Je crains votre silence, et non pas vos injures, disait Jean Racine dans Andromaque… , je pense que de faire face à la “houle” aussi peut être pour certains un mode d’affirmation de soi, mais je n’ai plus ni le goût ni la force à revenir là où le courant m’a entraînée à un moment et où j’aurais bien pu me noyer… j’ai vieilli, je suis hors du coup, méfiante (enfin!) tranquille comme Baptiste, comme l’on dit chez nous, j’ai mes opinions mais je les garde pour moi et plus pour les afficher en place publique, sauf si elles sont banales ou anecdotique
tagdite
lamali
19 novembre 2008 à 11:01
POUR MON EXERCICE MENTAL; JE PASSE PAR Là. JE N’AI JAMAIS ETE DECUE.
BRAVO YUGURTA; DU VRAI PLAISIR …
yugurta
19 novembre 2008 à 13:13
Je vous adresse à toutes et tous ma vive gratitude. Vos encouragements me vont droit au coeur et me procurent inspiration et sérénité. Puisse le prochain billet du 23 être à la hauteur de votre plaisir !
Votre serviteur
tagdite
21 novembre 2008 à 19:10
Tant qu’on sera là, Nos textes tourneront dans leur sommeil.
Tant qu’on sera là, Laisseront du goudron dans leurs oreilles.
Tant qu’on sera là, même si toutes notre époques se monnayent.
Tant qu’on sera là, Brilleront les rayons du site de notre cher yugurta
tagdite.
REGARD « VERSIONS CELESTES
27 mai 2009 à 2:46
[...] se contente d’une rose pour cette rosée que le fossé a détruit tout le temps quand le houx a séduit la beauté par ses piquants et ses feuilles sont des dards vers ce point sur la carte que tu [...]