Le commerce ambulant dépanne des quartiers entiers de familles qui, à défaut, dépenseraient l’équivalent de leurs courses en temps et en carburant pour rallier les souks et surfaces commerciales.

Avant d’être une aubaine, cette proximité constitue une nécessité pour bon nombre de foyers qui ne possèdent ni réfrigérateur ni véhicule.

Le caractère informel de cette “micro distribution” épargne à ses clients la charge fiscale qui renchérit le coût final sans possibilité pour le consommateur de répercuter cet impôt. Je me souviens de mon enfance et des petits coups timides frappés à notre porte par un vénérable veillard au cabbat plein d’oeufs d’excellente qualité.

L’étonnant n’était pas tant ses visites à brûle pourpoint mais plutôt le fait que cet homme de 70 ans grimpait allègrement 4 étages sans broncher.

Son arrivée était toujours annoncée, Dieu ait son âme en pitié, par une autre figure de notre quartier qui défilait fièrement quelques minutes plus tôt en clamant “…Houuuut, serdines, lanchobaaa !”.

Jusqu’à aujourd’hui, ces métiers ont survécu bon an mal an.

Chaque douar reçoit périodiquement la visite de colporteurs, les uns sont spécialisés dans les vêtements, les autres dans les produits d’hygiène ou de beauté.

Quelque soit la cliente ou l’article, on marchande toujours. C’est là que réside le plaisir du commerce.

Imaginez un marchand ambulant qui affiche sur son mulet la fameuse pancarte “prix fixes”… Risky !  Il pourra déambuler des années sans vendre quoi que ce soit.

En revanche, si le même commerçant y affiche de la pub, même si c’est sur les oreilles de son précieux compagnon, il y aura foule autour de lui.

Pour l’anecdote, ce sont des commerçants ambulants qui ont inventé la formule “deux pour le prix d’un” et non pas leurs tenants occidentaux de la grande distribution qui, a contrario, peuvent se permettre un taux de réclamation.

Pensez y, le face à face vendeur/acheteur a de tous temps constitué une garantie de qualité totale et de loyauté commerciale.

Il est de notre intérêt d’aider ces métiers à survivre car le marchand ambulant fait du commerce intelligent et juste. Il achète à bon prix directement chez le producteur et revend à bon prix directement au consommateur.

Exit les intermédiaires parasites qui guettent le bénéfice la gueule ouverte comme des murènes.