Je ne sais ni lire ni écrire mais j’adore les sous bois, les frondaisons et la sueur des bûcherons.

Quel vaste pays mais qu’est ce qu’ils ont la peau épaisse ! Forer à travers pour pomper ma pitance est une véritable sinécure.

Ce qui m’a le plus amusé dans mon pays d’adoption depuis mon arrivée en Airbus, c’est la désinvolture avec laquelle mon bûcheron préféré a présenté ses condoléances à la femme de feu son meilleur ami dont la tête était sur le parcours de la tronçonneuse qui m’était destinée. “C’est la faute à cette satanée moustique…Elle m’a rendu fou”, s’est-il excusé.

Avec le dégel qui dure, ma tante guinéenne m’avait assuré que le Canada est devenu le paradis des moustiques qui s’ébattent gaiement dans les forêts et les squares.

Nos essaims empêchent les chasseurs de chasser et les bûcherons d’abattre tranquillement des arbres centenaires.

A défaut d’être velu(e)s ou de se badigeonner de boue, tout promeneur dans les bois est un fast food en puissance.

Littéralement, la littérature devra bientôt se passer de papier. Fini le complexe de la page blanche !