Réflexions actuelles
14ème siècle. Italie actuelle. La peste bubonique ravage la péninsule.
Quelques semaines plus tôt, un rat débarquait au port de Venise en provenance de l’Inde. Aucun chat à l’horizon.
Ces créatures, tantôt mystiques chez les Perses et Pharaons, tantôt maléfiques chez les catholiques, survivent cachées dans les chaumières de femmes en avance sur leur temps.
Ces “sorcières” seront d’ailleurs brûlées vives pour ce geste d’humanité. A l’intérieur des châteaux, la fête bat son plein, les Florentins s’en donnent à coeur joie et la luxure est souveraine.
Sur les planches, une troupe de saltimbanques au ventre creux tourbillonne en s’extasiant de la majesté des convives à force de mimiques et de grimaces reproduisant les souffrances et les affres d’en dehors.
On y fait l’éloge morbide de la mort tandis que les princes s’esclaffent en vomissant leur libations.
Il n’y a pas de texte et improviser mène soit au portail du château soit à la hache du bourreau.
A l’interieur de ce spectre de tolérance infinitésimale et pour avoir droit aux reliefs de ces banquets, les “artistes” gesticulent, s’admonestent sous la férule d’un bouffon sordide.
Plus la scène est cruelle et plus on rit. Le chef de cet orchestre burlesque trépane à l’envi les crânes des acteurs sans que personne n’ose esquisser un début de plainte ou s’essuyer avec un rideau.
Ces “illustres théâtres” ont permis à quelques artistes de survivre et parfois de rester dans l’Histoire.
Leurs mécènes ont toutefois vite fait de se rendre compte du danger que représente une scène théâtrale en temps de paix.
Faux jumeaux, la censure et le Théâtre populaire sont nés du même nid. Les artistes se sont transmis au fil des générations le souvenir de leur humiliation de jadis.
Satyres et sarcasmes ont cessé d’être aux ordres. Les hommes et femmes de scène sont désormais protégés par l’amour d’un public idolâtre et caricaturer les puissants gonfle l’auditoire.
Quelle revanche !
" Merci d'être là où "Science sans conscience n'est que ruine de l'Âme".
Chapeau bien bas aux nobles mécènes qui soutiennent ce Blog et à Nabil en particulier. Je lui dédie ces primeurs, dégurgitées alors que je bronzais nu sur une plage, rassurez vous, déserte."
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