L’Eldorado a bien changé d’adresse.

Les générations occidentales issues du baby boom vivent le 3ème âge.

Sur leur lancée et en contrepartie des secrets arrachés à Mère Nature durant la 2nde Guerre (trop horrible de se souvenir comment), les chimistes ont eu les coudées franches pour mettre au point et commercialiser des principes actifs qui se révèlent nocifs à long terme. Les parlementaires européen(ne)s se sont volontairement soumis, en 2006, à un test de dépistage des traces laissées dans leur organisme, ad vitam aeternam, par ces produits chimiques.

On ne mime pas la nature impunément.

Ainsi, des dizaines de molécules de synthèse squattent les tissus organiques des europoliticien(ne)s et les déciment un(e) à un(e).

Les syndromes de dégénérescence mentale parachèvent le délabrement des métabolismes et ouvrent la voie, depuis 2001, à la déliquescence spirituelle installée par une laïcité laxiste.

Alors, l’informatique a été appelée à la rescousse d’une créativité humaine en plein naufrage.

On a numérisé à tour de bras, au point que, demain, le virtuel jetterait le réel aux orties pour cause de misérabilisme des couleurs.

Mais “chassez le naturel par la porte, il revient par la fenêtre et au galop”.

La “jeunesse” occidentale s’est éloignée des Arts comme leurs ancêtres ont délaissé l’artisannat.

Les réservoirs humains encore viables se situent désormais au Nord des Tropiques et au sud de l’Europe.

Un bon exemple de ce déplacement de la caravane des Arts est illustré par le Royaume du Maroc.

Presque par hasard, la canalisation de la liberté d’expression loin des “sacralités” a ouvert la voie à une explosion de créativité tous azimuts.

La non double imposition des retraités français et l’état de leur articulations endolories les ont amenés vers notre sol ensoleillé à la rencontre d’une jeunesse avide, assoiffée de reconnaissance et de “prestige autorisé”.

Y a pas de lézard, allons y pour les Arts.

On peint à tout va, les sonorités rivalisent avec les couleurs… Bientôt, de nouveaux Arts joueront avec les senteurs et les lueurs.

Même nos frères et soeurs musulman(e)s s’adonnent vigoureusement, tous sexes confondus, à la pratique des Arts Martiaux, à la différence prés, qu’à ma connaissance, ces derniers n’envisagent pas encore d’exporter “leurs oeuvres”.

Un signal avant coureur de ce déplacement de l’Eldorado vers des territoires autrefois indigénisés est révélé par le retour au pays d’artistes marocains reconnus à l’étranger.

Comme “nul n’est prophète en son pays”, ces militants des sens ont d’abord dû montrer patte blanche ailleurs qu’ici.

De villas des Arts, nous avons évolué vers les Villes des Arts, dont la dernière en date, Marrakech, attire chaque week end le gotha des milieux d’affaires dans de rares moments de symbiose, rarement atteints durant les transes gnaouis ou la psalmodie boutchichia.

Cette ruée vers l’or des arts se fait en désordre et en catimini, amateurisme et blanchiment de l’argent sale obligent…

Au point que les vrai(e)s artistes marocain(e)s meurent dans l’oubli, les un(e)s aprés les autres, tandis que leurs oeuvres sont soit volées soit laissées à l’abandon dans des garages humides à cause de la lenteur des procédures judiciaires d’héritage.

Faites un tour dans les coins les plus reculés du Maroc, vous y verrez des villages entiers dépouillés de leurs habitants par l’exode.

Les seuls âmes que vous croiserez seront, vus de loin, des charognards qui arrachent à pleines dents et sans visa les derniers vestiges de l’Art Marocain Antique, portails ciselés et feronneries datant de mathusalem.

Mais quelle que soit leur convoitise et leur arrogance, ils repartent sans nous avoir départi de notre Art de Vivre et de Mourir.