Réflexions actuelles
Insidieusement, les objets, les “choses” comme on s’oublie à les désigner, ont cessé d’être inanimés.
Depuis quand exactement, à travers chaque particule de cette planète, s’infiltrent-ils dans les modes de vie, les mots, jusqu’aux langues des humains ?
D’ou provient cette clameur qui sourde de l’épais silence ceignant un homme d’esprit étudiant un Traité de linguistique et caressant son chapelet de prière, sa tasse de thé, voire un fétiche !!
Qui est l’ignorant de celui qui pense ou de celui qui, “EN TOUTE INNOCENCE” a le pouvoir, tel un virus informatique, de se jouer de la mémoire des mots dans chacune des langues qui ont osé dépasser les frontières naturelles de leurs choses.
Ainsi, en déplaçant leurs objets dans leurs croisades, explorations, voyages, colonisations, les humains n’ont eu de cesse de porter leur culture au faîte des cîmes pour se rapprocher du firmament, en ignorant qu’il y a là le Maître de tous les Objets créés et façonnés de main d’homme, l’AUTEL qui s’est abreuvé au cours des Millénaires du sang de Ces Choses que nous étions en ces Temps presque révolus …
Aujourd’hui, même la plume a gagné en grade. On l’appelle “stylo”, sympa non ?
Vous croyez qu’il ( ou elle, on ne sait pas encore, à défaut de diposer de la “collaboration” des objets idoines et à défaut de savoir même comment négocier avec eux ou elles ) était vert de rage en voyant le succés de l’informatique ?
En vérité, disons le, ils étaient morts de rire et pour longtemps. Un interminable rire silencieux que seuls les autres objets entendent.
Mais c’est qu’ils avaient raison, les coquin(e)s, voilà que de plus en plus d’humains ne savent plus écrire avec un stylo, préférant pianoter, comme je fais en ce moment même, humain que je suis.
Bientôt, le stylo espère passer colonel sur la 1ère étagère en partant de la droite, réservée à la décoration uniquement.
Il sait qu’il ne faut pas rêver. Un simple esclave chez les objets ne peut pas prétendre jouer avec les grandes choses que les humains en personne regardent sans toucher.
Je n’en suis pas à caresser ce micro (qui, au passage, est toujours le premier au courant de tout), à l’instar d’un humain que j’ai vu embrasser le tableau de bord de sa voiture qui l’avait, selon lui, sauvé d’un accident “inévitable”; mais je “n’ose” classer mon “micro” moi même.
Esclave ? Un micro ? Avec toutes ces capacités embarquées et cet espace mémoire… Qui calcule plus vite que son ombre ? Dans ce cas, je serais l’esclave d’un esclave…
Odieusement, le stylo, bien placé, me regarde et semble me rire au nez… “Tout ce que TU as, c’est le choix entre LUI et MOI “!
Les archéologues du futur ( si le genre humain et cette profession existent toujours ) auront le loisir d’étudier les “objets” qui auront traversé le Temps.
POUR TEMOIGNER de notre “grandeur” ? ( un zeste de senteur de respect poindrait-il dans le langage humain vis à vis de ses choses ?);… NON, JUSTE POUR RIRE.
Surtout n’allumez pas une cigarette, votre micro n’aime pas respirer ces volûtes grises comme la cendre qu’il en restera. Allumez plutôt la télé ou, tiens, ouvrez un livre.
On ne sait plus qui télécommande qui !
" Merci d'être là où "Science sans conscience n'est que ruine de l'Âme".
Chapeau bien bas aux nobles mécènes qui soutiennent ce Blog et à Nabil en particulier. Je lui dédie ces primeurs, dégurgitées alors que je bronzais nu sur une plage, rassurez vous, déserte."
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