Vous pouviez visiter tous les pays de ce monde; à votre retour, votre regard était immanquablement attiré par ces sachets en plastique noir qui jonchaient les trottoirs il n’y a pas si longtemps.

Mais aujourd’hui, avec le retour de la vérité des prix, le pain rassi, jeté à la rue en pâture aux “pauvres”, devient une denrée rare.

Disparue la pitance gratuite des poules et des ânes, nos familles redécouvrent le sens de l’économie et du rationnement.

Ce phénomène n’était pas spécifique au monde urbanisé et constituait une manne pour les “transformateurs de pain rassi”.

Personne ne démentira que le Royaume de Suède est un pays avancé.

Là bas, le pain rassi trouve preneur dans les grandes surfaces où il est soldé à bon prix.

Et à propos de surface, je suis “étonné” de relever les aberrations de notre “Système de compensation”.

J’aurais cru, qu’avec autant de technocrates né(e)s une cuillère en or dans la bouche, ils et elles auraient eu la sagesse de distribuer les produits subventionnés dans des magasins publics, sans frou frou ni étalage du 3ème millénaire.

Connaissant de près les complexes de nos classes aisées, vous auriez eu la satisfaction de les voir éviter soigneusement ce genre de magasins; au lieu de les voir ravager les étalages des Hyper BCBG et remplir à ras bord leur chariot de produits subventionnés qui finiront dans l’évier ou à la poubelle.

Puisque ces gens évitent toujours de payer leurs impôts, pourquoi profiteraient-ils encore davantage de l’ETAT ?

Si ces “magasins de la dignité” ne voient pas le jour rapidement (on voit bien des hanouties pousser comme des champignons), les consommateurs en difficulté adresseront une pétition aux huiliers pour qu’ils rajoutent exprés du cholestérol dans leurs produits.

Cela aurait au moins l’avantage de faire fuir les grasses bedaines et les triples mentons.